Deux pionniers du blues touareg

Abdallah Oumbadougou

Le Nigérien Abdallah Oumbadougou est un pionnier du blues rock touareg. Au même titre que les Maliens du groupe Tinariwen, il est l’un des inventeurs de cette musique illustrée aujourd’hui par de nombreux musiciens du désert : Bombino (disciple d’Abdallah), Tamikrest, Terakaft, Tidawt, Toumast et autres Atri N’Assouf.

Ces groupes, qui évoluent en Europe, s’apprécient et se côtoient volontiers. Pas un musicien ne manquerait le concert d’un autre, lequel bien souvent l’invite à participer au spectacle. Musicalement, Abdallah Oumbadougou se démarque, notamment de Tinariwen, grâce au fructueux compagnonnage qu’il entretient avec Daniel Jamet, depuis le projet Desert Rebel. Réalisateur artistique de l’album Zozodinga, ce dernier, l’un des piliers de feu la Mano Negra, apporte sa marque, façonnant la direction musicale d’un disque parfaitement réussi, dans des couleurs parfois délibérément rock.

Tinariwen

L’histoire de Tinariwen commence par l’histoire de son père fondateur, Ibrahim Ag Alhabib. Fils d’un rebelle touareg, à l’âge de quatre ans, Ibrahim a été témoin de l’exécution de son père aux mains du gouvernement lors du soulèvement de 1963 au Mali.

Ayant grandi entre les déserts et les camps de réfugiés d’Algérie, Ibrahim était considéré comme un vagabond et un solitaire – il était surnommé «Abaraybone», ce qui signifie «enfant ragamuffin». Un jour, se souvient-il, alors qu’il regardait un western dans un cinéma de fortune dans le désert, il a été frappé par une scène dans laquelle un cow-boy joue une chanson à la guitare. Inspiré, il construit sa première guitare à l’aide d’un bidon d’huile, d’un bâton et d’un fil de frein de vélo. Il a commencé à apprendre à jouer, pratiquant de vieilles mélodies touaregs, des airs pop arabes modernes et la musique blues malienne d’Ali Farka Touré.

«Les Filles de Illighadad»

«Les Filles de Illighadad» viennent d’une commune isolée du centre du Niger, loin dans les déserts de garrigue à la lisière du Sahara. Le village n’est accessible que par une route exténuante à travers le désert ouvert et il y a peu d’infrastructures, pas d’électricité ni d’eau courante. Mais ce qui manque à la zone nomade en termes de richesse matérielle, elle le compense par une identité et une tradition profondes et fortes. La campagne environnante fait vivre des centaines de familles pastorales, vivant avec et parmi leurs troupeaux, comme leurs familles le font depuis des siècles. » Plus

Bombino

Bombino-by-Arnaud-Contreras

Bombino a passé sa petite enfance entre le campement et la ville d’Agadez, la plus grande ville du nord du Niger (environ 90 000 habitants) et longtemps un élément clé des anciennes routes commerciales du Sahara reliant l’Afrique du Nord et la Méditerranée à l’Afrique de l’Ouest. L’un des dix-sept frères et sœurs (dont des demi-frères et des demi-sœurs de sa mère et de son père), Bombino était inscrit à l’école d’Agadez, mais il a démontré très tôt son esprit rebelle et a refusé d’y aller. La grand-mère de Bombino l’a accueilli pour empêcher son père de le forcer à aller à l’école et, comme la plupart des enfants touaregs, il a grandi en vivant avec sa grand-mère.

Son site

Tartit

Quand les femmes chantent l’âme et l’exil touaregs

Au Mali, la situation géopolitique née des évènements de 2012 s’est muée en étouffant statu quo. Bien des Touaregs — artistes compris — vivent dans des camps de réfugiés. Cet exil sans horizon est chanté par l’ensemble féminin Tartit, pionnier des groupes touaregs qui tente de maintenir en vie — par la musique — l’espoir de jours meilleurs.

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TARTIT

Koudédé

Koudede est né à Arlit, dans le Nord du Niger, entre les contreforts du massif de l’Aïr et les sables du Sahara, dans la poussière des mines d’uranium… En 1990, quand après un carnage, les touaregs prennent les armes et les pick-up pour affronter les pouvoirs centraux au Mali et au Niger.

En 1996, c’est la paix, il se met en quête de la vraie musique, celle des campements, rythmées par les tende et l’imzad, percus et violon… Les femmes tapent des mains, les youyous retentissent dans la montagne, et Koudede enregistre et adapte tout ça quand il accompagne des groupes pour animer les baptêmes et les mariages.

Pendant ce temps là, les Ichoumar, ces guitaristes touaregs rescapés de la rébellion, essaiment un peu partout en pays touareg. Les groupes électrogènes volés à l’armée libyenne apportent l’électricité. Mais le thé se fait toujours sur du charbon et la kalachnikov reste à portée de main…

Koudede les connaît tous, il a fait tous les festivals, écumé le désert avec les Jimi Hendrix des sables, joué pour les riches comme pour les pauvres, les bons comme les mauvais…

Le touareg reste un touareg, sa seule préoccupation est de ne pas sécher au détour d’une dune, là où même les corbeaux ne s’aventurent pas… » InfoConcert