Koudédé

Koudede est né à Arlit, dans le Nord du Niger, entre les contreforts du massif de l’Aïr et les sables du Sahara, dans la poussière des mines d’uranium… En 1990, quand après un carnage, les touaregs prennent les armes et les pick-up pour affronter les pouvoirs centraux au Mali et au Niger.

En 1996, c’est la paix, il se met en quête de la vraie musique, celle des campements, rythmées par les tende et l’imzad, percus et violon… Les femmes tapent des mains, les youyous retentissent dans la montagne, et Koudede enregistre et adapte tout ça quand il accompagne des groupes pour animer les baptêmes et les mariages.

Pendant ce temps là, les Ichoumar, ces guitaristes touaregs rescapés de la rébellion, essaiment un peu partout en pays touareg. Les groupes électrogènes volés à l’armée libyenne apportent l’électricité. Mais le thé se fait toujours sur du charbon et la kalachnikov reste à portée de main…

Koudede les connaît tous, il a fait tous les festivals, écumé le désert avec les Jimi Hendrix des sables, joué pour les riches comme pour les pauvres, les bons comme les mauvais…

Le touareg reste un touareg, sa seule préoccupation est de ne pas sécher au détour d’une dune, là où même les corbeaux ne s’aventurent pas… » InfoConcert

Le Niger de Jean Rouch

2017, l’année du centenaire de la naissance de Jean Rouch l’un des grands passeurs de la modernité.

L’œuvre de Rouch est à son image : multiple et complexe.

Elle est à la croisée de l’anthropologie visuelle, du cinéma direct et de la fiction, elle en brouille les frontières. Elle est aussi une part du patrimoine mondial et de l’oralité : ce qu’il a filmé n’existe sans doute plus aujourd’hui. Avec Rouch et ceux qui ont travaillé avec lui, le film s’est fait méthode d’exposition des résultats, moyen d’expression et support de réflexion sur le monde et les hommes.
Jean Rouch a saisi les bouleversements qui traversaient les populations, les peuples, dans l’Afrique coloniale, à l’heure des indépendances et de la décolonisation. Il a filmé la confrontation d’esprits anciens face aux esprits modernes. Des rituels de possession aux quelques épisodes de vie, l’œuvre de Rouch reste une source inépuisable pour la compréhension du monde moderne et de l’histoire du cinéma. La transmission de Rouch passe aussi par ces étudiants, ces jeunes chercheurs qui ont pu croiser sa route et, dans leur pays, ont su partagé leur(s) vision(s) du ciné-Rouch, du cinéma anthropologique, de l’anthropologie visuelle.